Dimanche 24 avril 2005

Vous voici sur la page de mes poèmes, bonne lecture !

 

 

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La Belle Dimension

 

Regard vers le nombril : cet œil près du Big Bang

Qui, cousu comme un fil, tantôt cligne tantôt tangue.

Nous supplions notre âme d'éjecter cette foi

Qui inonde nos larmes sans deviner pourquoi.

 

L'âpreté de sentir, au bord de l'infini,

Ce vertige de courir vers la Cartésiannie

Nous fixe, comme un roc, au seul recours du vide.

Regard sur l'oubli creux qui fabrique nos rides.

 

Le prisme arc-en-ciel-gris agite nos fantasmes,

Nous grisant  chaque instant de sanglants pléonasmes,

De répétitions vaines  évitant ce bonheur

De n'être que sur Terre pour vouloir être ailleurs.

 

Effilé et fragile, nous avançons sans fin

Vers cette main visible qui se profile enfin

Lorsque notre être est las de tournoyer sauvage,

Lorsque la douceur seule atteint notre visage. 

 

 

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Le Miroir

 

Aux yeux noirs, la réponse du miroir nous est claire :

Le mystère du visage forme le caractère

Enveloppant en soie l'éphémère chaleur

D'un environnement d'eau qui s'échappe en douceur.

 

La nudité de l'âme nourrit ce bel état

D'être en duel face à soi, en tenu de combat :

Dégainant d'une main le flou de cette glace,

L'image ainsi s'affole grisée d'une si belle place.

 

La pupille dilattée, nourrie de milles sûretées,

s'amenuise peu à peu face à l'éternité.

Le duel se trouve échoué, l'ombre à nouveau se perd :

L'addiction clot sans fin son si bel univers.

 

Et l'Etre lui s'égare dans un  monde exigu

qui, par sa crasse nouvelle, le salira à vue.

Le prochain face à face effacera l'ether

d'un savon de gel souple qui traverse le verre.

 

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Jusqu'au bout d'être soi

 

Bout de carreau perdu montre enfin son image :

Aux bords creux d'une rue, ce trottoir de partage

Nous mène en plein orage de jouissances acrobates.

En ce temps de vers plaines où quelques troncs s'abattent…

 

…Et nous laissent entrevoir une coulée de sciure fraîche

Qui glisse sur la peau comme d'autres ont la prêche !

Morne période d'avant où la suée qui s'endort

Nous faussait nos pensées nous poussant vers la mort.

 

"La semence est aqueuse et nous récolterons

De beaux fruits hivernaux dont nous profiterons."

Le carré dans le pré nous suffit amplement :

l'automne de nos pensées nous ôtaient nos tourments.

 

Ceux d'être face à face tout ouverts, vert le vent.

Le risque bleu du seul s'effondre sous nos pieds,

alourdis par le rouge de nos piètres "en-fait-pas"

Perdus de verte orange, dolorie de couleurs.

 

Ils s'eveillent en sous-sol

d'un éternel

bonheur

…

 

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De Pareil en Jamais.

 

Méfiez-vous ! Le point noir décisif vous regarde !

Celui qui fit de vous cet être par mégarde

Fait danser sans vergogne le balais plat des ondes

Par qui vous terminerez comme au début ce monde.

 

Expansion de toutes chairs constituant les idées,

Le réel éphémère s'amuse à jouer les dés

Pour fixer le carbone tout autant que l'amour

Et régler, en Sorbonne, les coups d'état du jour.

 

Ce trou noir explosif au creux de votre paume,

Qui semble à l'origine de l'innocence des mômes,

Concentre l'univers en un point subversif

Reliant pensée cryptée et matière-nerf-à-vif.

 

Le Destin est idiot puisqu'il guide le point noir

Vers une destination tendant au désespoir.

L'Occasion, elle, est belle car, se régénérant,

A chaque seconde du monde, fusionne les aimants.

 

 

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Silence d'un temps

 

De la fenêtre orange, les deux sapins admirent

Un enfant sous sa couette dont les membres s'étirent

Et se rendorment heureux de sentir sur leur peau

Le pyjama de soie traçant des animaux.

 

A la place des Alpes, le gamin imagine

La Savane en biscuit peuplée de figurines

Qui dansent la fanfarole sur un air de violon

Face à une armada d'étranges accordéons.

 

Quand le fruité parfum d'une maman délicate

Envahit la pièce chaude d'une douceur qui fait hâte,

L'oreille entend le bois craquer sur le battement

D'un cœur qui redémarre, c'est celui de l'enfant.

 

Un baiser sur la joue… Deux arbres un peu bancals…

Les jouets éparpillés près de mes vêtements sales…

Ma maman les ramasse… Je veux me rendormir…

Mais il faut me lever puisqu'il me faut grandir…

 

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Le paysage vital

Sous ses airs naturels, l'énorme masse informe
Que son ombre éternelle restera en énorme,
Sur le Manoir dressée, aux volets sales et clos
Dont la charpente brisée écrase un lierre éclos.

Un verre blanc les observe s’affronter violemment
D’un sourire complice calmant leurs sentiments.
La Montagne, elle, rougit de ce regard candide
Alors que le Manoir claque d’un volet rigide.

Il n’en reste pas moins que le combat demeure…
La réconciliation, comme un affreux labeur,
Relève de l’impossible pour ces deux éléments
Représentant confort et tentante évasion.

Et puis…

Un jour, un regard apparaît à travers une fissure,
Sa vie, enfermée là, remplie de meurtrissures.
Après de longues années, Il ose ressortir
Souhaitant un soleil chaud offrant un avenir…

 

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Chaos schizophrénique

A vingt et un ans, il sombra dans la folie.
Sans agression ni heurt, charmé par un ennemi
Qui ne laissait comme choix que celui de la chute
Sur un matelas de fer abominant sa lutte.

A vingt et un ans, il se jeta sous un train.
Jugeant que ces froids sons s’avéraient être un frein
Au développement de ses capacités
De jeune homme prometteur à qui tout souriait.

A vingt et un ans, il devenait schizophrène.
Par de petits indices qui amènent la peine
Et l’incompréhension d’être trahi du monde,
Il comprit qu’il mutait en être aux traits immondes.

A vingt et un ans, il dormait un matin…
Quand il fut réveillé par un réveil éteint
Qui ne s’arrêtait pas pour mieux lui indiquer
Que le jour de sa mort allait être avancé.

 

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publié dans : POEMES
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