Dimanche 24 avril 2005

Dans une cathédrale abandonnée perdue au milieu des plaines desertiques, un enfant court à toutes jambes vers un confessionnal. Il a les genoux en sang et semble terrifié.

Arrivé à la porte du petit édifice en bois sculpté, le gamin reprend son souffle en se tenant les genous. Il regarde d'un oeil sévère cette entrée où deux démons semblent se battre l'un contre l'autre. Le vent souffle à l'intérieur de l'Eglise, et chaque son fait écho.

L'enfant frappe à la petite porte.

- Monsieur, laisser moi entrer, il faut que je vous vois !!!

L'enfant est alors violemment projeté contre l'une des lourdes colonnes en pierre de la cathédrale. Tout en haut, le long de la coursive situé près de la voûte, des gargouilles le regardent.

- Laisse moi entrer !!! hurle furieux le jeune garçon qui se précipite pour démolir la porte.

Celle-ci ne résiste pas. Il découvre que le confessionnal donne en réalité sur une grande pièce couverte de paille. Un vieil homme encapuché et défiguré se tient contre un mur. Ses pieds nus, dont les chevilles sont salis par un sang vieilli et seché, semblent fermement enchainés.

- Que veux-tu ? dit-il nerveusement.

- Rien ne va plus Monsieur ! tout est fini, vous avez perdu, ils sont en train de se massacrer et de gaspiller leurs ressources ! Ils sont plus sauvages que les animaux...

- Qui t'a permis de dire ça ?

- Tous les enfants du village ! Ils m'ont demandé de vous prévenir !

- Vous ne m'apportez rien, bande de fainénants, il faut repartir, ils y arriveront...

- C'est votre faute !

- Non, c'est la tienne, et la leurs !! répond le vieille homme en pointant d'un doigt difforme la lucarne de l'un des murs.

L'enfant s'y précipite, enlassant les lourds barreaux qui empêchent toute sortie. Il voit des hordes d'hommes, de femmes et d'enfants se massacrer de l'autre côté des plaines qui isolent ce lieu sacré. Il ne s'agit pas d'une guerre mais d'une folie perpétuelle et furieuse.

- Qu'avez-vous fait Monsieur ?

- Regarde tes pieds petit...

L'enfant découvre une cire rouge dégoulinante qui remonte doucement le long de ses chevilles. La sensation n'est pas désagréable du tout. La cire atteind la moitié de ces tibias lorsqu'il se rend compte que c'est son corps qui est en réalité en train de se transformer en cire chaude. En tentant de faire un pas, l'un de ses deux pieds reste coller au sol. Il tombe à la renverse et finit sa lente transformation couché sur la paille.

Il se reveille peu de temps à près en ayant eu l'impression de faire un rêve agréable. Autour de lui, des enfants de trois à 6 ans le regarde les yeux ébaillis dans ce qui semble être une tenue de nuit.

Dehors, la furie faisait toujours rage.

publié dans : UNIVERS
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