Dimanche 24 avril 2005

Il était 17 heures en plein mois d'août lorsque la climatisation a décidé de s'arrêter. Dans le grand open-space, la quasi-totalité des bureaux étaient vides. Malgré une chaleur qui devint très rapidement étouffante,  je tentais de me concentrer sur mon tableau Excel. 17 colonnnes, 13 000 lignes, tous les stocks de nos trois entrepôts. De l'autre côté, un de mes collègue s'était carrément endormi sur sa feuille.

Soudain, j'entendis la sonnette de l'ascenceur qui arrivait à l'étage. Par curiosité, je me suis retourné. Un cheval du Moyen-Age, revêtu d'une couverture tressée de lys jaunes et guidé par un chevalier en armure, entra alors lentement dans nos bureaux. Je restai bouche bée à le regarder.

Le chevalier manoeuvra sa monture pour la faire circuler dans nos couloirs. Il se dirigeai vers moi. Je remarquai que la seule personne qui pouvait réagir à part moi s'était endormi il y a cinq minutes. Le pas du cheval mêlé au bruit de grincement de l'armure créait un drôle de bruit. Ils s'arrêtèrent net face à moi.

- Monsieur Joël Lentier, gestionnaire des stocks à Lenics Production ? me demanda-t-il d'un ton monocorde après avoir remonté la visière en fer du casque de son armure.

-... (l'étonnement était trop grand pour répondre quoi que ce soit)

- Je suis le Chevalier du Val d'Artois.

- Et... Vous... désirez ?

- Nous devons attendre l'Unité Artificielle codifié AR-X121-427-003. Je vous propose de poursuivre votre travail.

- Ou.. Oui... répondis en me retournant prudemment vers l'écran de mon vieux PC. Je lançais parfois timidement un regard vers l'individu. Pour passer le temps, il désatela son cheval puis regarda nos fichiers "Grands Comptes".

- Celui là n'est pas un bon client, résiliez le contrat, me fit-il.

- D'accord, je demanderai... à la Direction...

Vingt secondes se produisirent lorsqu'une sorte de petite navette traversa violemment la façade de notre immeuble, créant un énorme nuage de fumée.  La navette avait bien évidemment attéri à l'étage de mon service.

- Le voila.

J'hochai la tête d'un sourire crispé.

- J'enclenche l'écoulement artificielle si vous êtes d'accord...

- M... Mais faites... Messire... répondis-je sans comprendre ce qu'il m'avait demandé.

Le chevalier se contenta de taper du pieds et une eau très clair et froide s''écoula progressivement à la surface de notre moquette. Pas désagréable par cette chaleur.

De la navette sorti une sorte de cyborg qui avait quelques aspects humains malgré une certaine difformité dans le visage mais qui surtout était constitué d'un corps largement métallique. Ses pas étaient d'ailleurs extrêmement lourds et lents et des tubes lui sortaient de partout.

Il s'approcha de nous. Son regard croisa le mien, il m'analysa immédiatement puis se détourna vers le chevalier. Les deux être se saluèrent.

- Il est temps. Monsieur Lentier levez-vous s'il vous plait, me demanda le chevalier.

Il sortit un parchemin rempli de termes incompréhensible.

- Nous cellons nos deux époques, Monsieur Lentier. Soyez notre témoin en signant ici.

Je m'executai. Le chevalier signa également. Et le cyborg se contenta de poser le plat de sa main sur le parchemin. Il se tourna ensuite vers le chevalier. Les deux individus se lancèrent dans une conversation où ils ne semblaient pas s'entendre.

- Que se passe-t-il, demandai-je ?

- Il veut que nous soyons plus proches du soleil pour conclure ce pacte.

- Pl... Plus proche du soleil ?

- Oui.

- ...

- Prenez ma main monsieur Lentier.

Je serrai le lourd gant en fer sans vraiment réfléchir. Le chevalier fit de même avec l'énorme gant d'acier de l'Unité Artificielle. Nous avons décollé directement à la verticale en défoncant un à un les plafonds du bureau puis en nous élevant dans les airs. Tout en haut, une sorte de plate forme nous attendait d'où l'on voyait une bonne partie de la ville. Il faisait beaucoup plus chaud.

- J'enclenche à nouveau l'écoulement artificielle Monsieur Lentier si vous êtes d'accord...

- B... Bien sur...

Une fine nappe d'eau glissa à nouveau sous nos pieds, ce qui nous isola du monde.

- Enterinez-vous notre accord, Monsieur Lentier.

- Ou... oui... Très bien...

- Merci. Divisons l'approbation en trois avant de pouvoir poursuivre notre route.

J'eus droit à la partie inférieure du document.

- Gardez-la précisieusement.

- Pourquoi ?

- Pour votre prochaine fusion d'époque, dans 17 ans.

A ces mots, le chevalier disparut vers le bas, le cyborg disparut vers le haut et je me retrouver seul au milieu de cette rivière. Je clignai des yeux un instant. Puis le chevalier réapparut.

- Pardon Monsieur Lentier.

Il me toucha alors le front et je me retrouvai à mon poste de bureau. Mon collègue me regarda.

- Alors ?

- ... Alors quoi ?

- Tu as les dossiers 1616 A et B ou pas, on a un méga litige et la Direction les veut à jour pour ce soir.

Je ne répondis rien et vérifiai simplement si j'avais bien le bout de manuscrit. Je l'avais. Que diable s'était-il passé ?

 

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