Comme tout les matins, je me suis rendu au boulot, du côté du Bourget près de l'aéroport. Comme d'habitude, je suis sorti de mon bus, le 152. J'avais déjà dans la tête la réunion de 8h30. Machinalement, j'ai contourné le bus. J'ai vu que le feu était rouge, j'ai traversé. Une voiture a grillé le feu et m'a heurté. J'ai entendu un crissement épouvantable de pneu. Puis une dizaine de craquements osseux lorsque mes jambes et mon bassin se sont broyés contre le pare-brise et le capot de la voiture. J'ai senti ma boite cranienne s'enfoncer au moment du choc de ma tête contre le pare-brise. A cet instant, je n'étais plus qu'un violent coup de vent qui allait disparaître. Puis je me suis éffondré, d'abord sur le capot, sentant le sang couler abondamment sur mon corps, puis sur la chaussée, mes jambes dans un sens, mon torse dans l'autre. Je ne sentais plus rien. A demi conscient, je tentais instinctivement de respirer mais ma cage thoracique était totalement écrasée. Une douleur insupportable, un coeur qui ne battait plus mais coulait. Des talons sur la chaussée. Des picotement dans la tête. Une tentative de faire bouger deux doigts. L'impression d'être un bloc de pierre. La douleur. L'affreuse résistance. La réunion de 8h30 auquel je n'assiterai pas. Le relachement. Le sommeil. La mort.
Heureusement que je suis là maintenant...
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