Dimanche 24 avril 2005

Seul, dans ma chambre blanche, les mains aggripés au coussin, j'entendais chacune des gouttes d'eau s'effondrer lourdement au fond du lavabo se trouvant au coin de la pièce. Je pensai à Hélène qui, à cette heure-ci, devait certainement être entre les bras de Morphée. Petite chanceuse... Tu me manques un peu... 

Après une tentative de relaxation par respiration, je vis une minuscule fissure face à moi, au milieu du plafond. Une fissure étonnante dont l'origine me semblait mystérieuse. En la regardant de façon plus approfondie, j'émis diverses hypothèses pour expliquer cette imperfection : des platriers peu attentionnés, un objet lancé au plafond, un effritement naturel... Tout cela paraissait bien improbable... A cet instant, je crus distinguer un minuscule mouvement à l'endroit qui attirait  mon regard. Révais-je ? Non je ne rêvais pas : l'imperceptible poudre de plâtre qui tomba sur le bout de mon nez me convainc du contraire. J'en ai même éternué. Je continuai à regarder ce mouvement presque invisible, fronçant les yeux d'étonnement.

C'est un petit  bout de plâtre qui tomba alors de là haut. Par un reflexe enfantin, je serrai mes draps. D'autant  que le seul bruit audible dans la pièce restait ce satané lavabo.

Quelques chose de petit sortit soudain du plafond, gigotant d'une façon étonnante. Après observation, il s'agissait bien d'un bout de chair qui tentait de pénétrer dans ma chambre, avec une incroyable volonté d'y arriver. Un doigt fin et masculin qui s'attaquait au mur comme un verre s'attaque à une proie. Le trou fut progressivement agrandi. Une deuxième excroissance salie par le plâtre sortit à son tour. Je clignai simplement des yeux observant ce spectacle.

Deux doigts apparurent et effritèrent le mur, puis deux autres d'une autre main, permettant ainsi d'élargir de façon conséquente le trou. Ma couette fut envahie d'innombrables copeaux de plâtre si bien que deux mains bien distinctes purent finalement apparaître supprimant avec détermination l'unique frontière de ce qui me séparait de cet être mystérieux.

La minuscule imperfection murale du départ s'était ainsi transformé en un trou de  trente bons centimètres. De long bras rentrèrent dans ma chambre, confirmant mes impressions de départ : ce corps étranger était de sexe masculin et plutôt jeune.

Un petit pan de plafond tomba sur mon lit et cogna ma tête, me laissant dans un état groggy. Je découvris soudain le torse nu d'un garçon de 20 ou 25 ans à travers le trou. Un jeune spéléologue perdu ? En tout cas, un spéléologue déterminé à vouloir entrer ici. Il élargit encore le trou de ses bras puis passa sa tête : le visiteur avait un visage juvenile et sans la moindre imperfection, sa chevelure était blonde. Un sourire était visible sur son visage mais ses yeux étaient parfaitement clos. Il semblait heureux et apaisé d'avoir franchi cet obstacle qui nous séparait.

Il passa ensuite ses bras : la moitié de son corps nu flottait désormais dans le vide. Un halo de lumière l'entourait. Une intense chaleur envahit la pièce : jamais la présence d'un garçon ne me plongea dans cet état indescriptible mêlé de peur et d'excitation. Le plafond fondit littéralement au niveau de ses jambes et de ses cuisses  : le plâtre, sous l'effet d'une chaleur inexplicable, se transforma en effet en une masse visqueuse blanche qui coula sur mon lit. Je découvrit son corps nu, d'une beauté que je ne pouvais imaginer jusque là chez un garçon. Je sentai que tout son être était concentré vers moi. Nous nous regardions bien que ces yeux était fermés. 

Son corps à la fois fin et puissant se rapprochait lentement mais inéluctablement de moi. Qu'allait-il arriver ? Je ne pensai plus mais ressentai simplement. Et rien ne pouvait désormais empêcher ce qui allait se produire. Il arriva à trente centimètres au dessus de moi. Puis ôta la couverture sans même avoir besoin de la toucher, d'un seul mouvement de la main. Son doigt passa sur mon torse : de ma poitrine, il descendit doucement vers mon nombril et mon pubis. Le contact de son doigt avec l'unique bout de tissu qui me séparait de la nudité complète eut pour effet de déchirer mon vêtement sans la moindre résistance. Rien ne nous séparait désormais. Mon coeur battait à tout rompre : je n'envisageai pas d'opposer de résistance.

Ses mains me caressèrent puis ses bras m'enlacèrent : je sentai la chaleur de son corps contre le mien. Une energie nouvelle et profondément sexuelle m'envahit. Grâce à lui, je m'élevai doucement dans les airs, sans que rien ne put me retenir à la Terre. Je l'enlassai à mon tour, sentant sous mes doigts les courbures masculines de son corps, mes caresses se firent toute aussi nombreuses que les siennes, j'osai l'embrasser dans le cou, augmentant notre excitation commune.

Nous nous élevâmes toujours plus nous rapprochant ains de l'extase. Cet acte d'amour nouveau et inconnu me semblait être l'unique acte ayant un sens. Simultanément, attachés l'un à l'autre, nos ventres se tendirent. Nos fluides se mélangèrent nous liant à jamais. Je découvris alors cette dimension nouvelle qui trop longtemps me fuya.

 

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