Le soir, sous sa couette, alors qu'il pleut dehors, chacun a le droit de s'endormir en imaginant une forme. Une forme qui ressemblerait vaguement à une tête de renard couchée. Bien sûr, il faut un peu d'imagination pour arriver à imaginer que les points de couleurs qui se détachent du fond de la paupière finissent par ressembler à ce petit animal. Mais on peut y arriver. Et lorsque l'on commence à devenir un expert, lorsque la position du corps est suffisamment confortable, ses points imaginaires peuvent même se préciser. Le renard, affinant ses traits et dévoilant sa pupille sauvage, finit alors par regarder son créateur. Il ne doit son éphémère existence qu'à lui d'ailleurs. Et, comme il le sait, il aura le devoir de veiller à ce que ce dernier s'endorme paisiblement. Ce qui se produira.
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