Dimanche 24 avril 2005

(Attention, ce texte contient de la violence, il peut heurter la sensibilité de certaines personnes, notamment mineures, et est réservé à un public averti)

 

Imaginez un homme hagard placé dans un sac face à une caméra en marche. Imaginez Deux hommes armés de mitraillettes qui tiennent fermement l'individu accroupi. Ils parlent une langue incompréhensible et semblent nerveux. L'un d'eux fait un signal  à l'autre, puis s'écarte et regarde. L'autre sort une machette de sa ceinture, lance un regard à la caméra, puis entaille la gorge de l'homme avachi dans son sac et fermement tenu. Le sang gicle sur le visage de l'assaillant. La victime hurle de douleur, se contorsionne violemment sentant le couteau ciseler sa gorge. L'assassin accélère ses mouvements de va-et-vients contre le cou de la victime. Elle se convulse et mugit. Les veines et la chair sortent de son cou. Ses yeux se révulsent. Le sang inonde la victime, le sol, le meurtrier. Il a de plus en plus de mal à tenir le corps poisseux. Le couteau continue de cisailler. Jusqu'à s'attaquer à la moelle épinière. La victime n'est pas morte, son corps tremble, ses yeux regardent le vide. Au bout de longs instants, la moelle épinière craque puis cède sous les coups du couteau. Le corps tremble toujours. Le reste de chair qui relie la tête au corps de la victime est entaillé. Jusqu'à ce que la tête soit détachée du corps. La décapitation a duré plusieurs minutes. Le meurtrier épuisé prend la tête de la victime et la montre à la caméra. Le corps continue d'avoir des convulsions.

Imaginez maintenant un homme torse nu  qui, sous l'oeil de la caméra d'un reporter, parle à un soldat dans la rue. Il se plaint du régime en place. Imaginez que l'homme reparte aussi vite. Et que le soldat lui tire alors sans sommation dans le dos.  L'homme s'éffondre et meurt dans l'indifférence. Le soldat jette un oeil à la caméra et reprend son poste comme si de rien n'était.

Imaginez désormais trente hommes armés rassemblés dans un préau fermé ou des centaines d'enfants de 7 à 11 ans nus ou en sous-vêtements sont entassés les uns sur les autres. La plupart d'entre eux tremblent de peur et pleurent sous le regard des ravisseurs. Imaginez que des excréments et de l'urine jonchent le sol un peu partout et que cette puanteur se mêlent à celle de certains enfants déjà morts. Imaginez  qu'après trois jours dans ces lieux suffocants, la police entre soudainement de force dans le hall et que les ravisseurs, comme seule réaction, tirent sur les enfants couchés à terre. Imaginez que les enfants tentent de fuire mais qu'ils sont finalement tués et que de nombreux  corps sont écrasés. Imaginez que des entrailles, de la chair, des membres jonchent progressivement le sol sous les balles et que les hurlements aigües ne s'arrêtent pas. Imaginez que cette fin du monde dure plusieurs minutes, une éternité.

Imaginez enfin que dans une prison Cambodgienne, des hommes, des femmes et des enfants sont couchés, nus et attachés les mains dans le dos, dans une prison. Que chaque jour, des soldats en choisissent au hasard pour les tabasser, les torturer, les violer et les éviscérer pendant de longues heures et de façon gratuite. Quel les soldats sont totalement indifférents aux cris et à l'agonie des victimes. Qu'ils prennent plaisir à faire ce qu'ils font. Au point qu'ils en viennent parfois à cuisiner et manger le foie ou la rate de l'une de leur victime.

Aujourd'hui, nous avons la chance de voir ces abominations. Mais de ne pas les vivre. Rester aveugle face à cela, c'est ne pas mesurer les conséquences de ces atrocités pour demain. Ouvrons un peu plus les yeux face à ces réalités quotidiennes...

 

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